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La dialogue annoncé : Une thérapie collective

Samedi 5 Avril 2025 - 21:38

Mohamed Fall Sidat, ingénieur informaticien
Mohamed Fall Sidat, ingénieur informaticien
 
« Ce ne sont pas les échecs que l’histoire condamne, mais l’inaction des responsables. » Cette maxime résonne avec acuité dans le contexte actuel de la Mauritanie. À un moment charnière de son histoire, notre pays est invité à prendre de la hauteur pour bâtir, un avenir plus stable, plus juste et plus solidaire.
Le gouvernement a exprimé sa volonté d’ouvrir un dialogue national inclusif. Il ne s’agit pas d’un geste de circonstance, mais d’une démarche préventive et lucide. Car si la Mauritanie reste un pays en paix, elle n’est pas épargnée par les tensions latentes qui fragilisent sa cohésion : inégalités sociales, défis sécuritaires régionaux, déséquilibres territoriaux, et mémoires encore douloureuses.

Le contexte appelle à l’unité
Loin d’une simple formalité politique, le dialogue national est une occasion précieuse de poser les bases d’un contrat social renouvelé. Les désaccords sont légitimes dans toute démocratie vivante. Mais c’est précisément à travers l’échange, l’écoute mutuelle et la confrontation respectueuse des idées que peut émerger une vision commune.
L’histoire récente de plusieurs pays de la région nous enseigne une chose : le refus du dialogue n’apaise rien, il accentue les divisions. À l’inverse, les nations qui ont su se rassembler autour de leurs enjeux fondamentaux, dans la transparence et l’inclusion, ont souvent pu surmonter leurs crises et engager des réformes durables.

Politiciens et forces vives, coresponsables de l’avenir
Il revient à la classe politique, toutes sensibilités confondues, de se hisser à la hauteur de ce moment historique. Participer au dialogue ne signifie pas renoncer à ses convictions. C’est, au contraire, affirmer une volonté sincère de surpasser les clivages politiques pour contribuer au devenir du pays.
Les réserves exprimées par certains partis ou mouvements sont compréhensibles : méfiance liée à l’histoire des dialogues passés, crainte d’une récupération politique, doute sur le déroulement du processus. Ces préoccupations doivent être entendues et traitées avec sérieux.

C’est pourquoi la désignation d’une personnalité nationale de consensus, respectée pour son impartialité et sa vision de l’intérêt général, pourrait être un gage fort de crédibilité et de confiance. Cette figure nationale aurait pour mission de garantir l’équilibre des débats, d’assurer l’écoute de toutes les voix, et de veiller à ce que les conclusions du dialogue soient effectivement traduites en actions concrètes.

Un dialogue pour tous, pas un évènement confisqué
Pour réussir, le dialogue national doit dépasser le cercle restreint des partis politiques. Il doit inclure toutes les forces vives : société civile, leaders d’opinion, représentants des jeunes, des femmes, et des communautés de la diaspora. C’est à cette condition que le processus pourra accoucher de propositions audacieuses et légitimes, en phase avec les aspirations profondes du peuple.
Les grands axes du dialogue devront porter sur des sujets essentiels :
  • La consolidation de l’unité nationale,
  • La justice sociale et la répartition équitable des richesses,
  • L’éducation et l’emploi des jeunes,
  • La gouvernance, la lutte contre la corruption et l’efficacité des institutions.
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L’heure de l’action commune
La stabilité de la Mauritanie repose avant tout sur la capacité de ses propres acteurs à faire preuve de maturité politique et de sens du devoir. Le succès du dialogue national ne dépend ni d’injonctions extérieures, ni de calculs partisans, mais d’une volonté authentique de servir l’intérêt général.
Il ne s’agit ni de rejouer les erreurs du passé, ni de faire semblant d’avancer. Il s’agit de construire, avec lucidité et courage, une plateforme durable de confiance et de collaboration. Car seule une action collective, fondée sur l’écoute et le respect des divergences, permettra de jeter les bases d’un avenir commun

Conclusion : Le sursaut collectif sous la dictée de l’urgence

Le dialogue national n’est pas un luxe ni une diversion. C’est un acte de responsabilité partagée. C’est l’occasion de tracer une voie commune, fondée sur l’écoute, le respect et l’engagement.
La Mauritanie mérite mieux que la défiance mutuelle et les replis identitaires. Elle mérite un dialogue sincère, équitable et tourné vers l’avenir.
En acceptant de s’asseoir ensemble autour de la même table, les acteurs politiques et sociaux peuvent entrer dans l’histoire comme artisans de l’unité nationale – et non ceux qui auront manqué un rendez-vous décisif avec des lendemains qui rassurent.

Mohamed Fall Sidat, ingénieur informaticien
 
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